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 Le texte vainqueur : Aaron Millers

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MessageSujet: Le texte vainqueur : Aaron Millers   Dim 8 Juil - 22:15

La pièce était sombre, plongée le noir. D'un regard étranger, elle paraissait vide; vide, calme, et sans histoire. Mais les habitants de cette salle ne mirent pas longtemps à s'animer, et les capes rabattues sur le sol muèrent en personnes voûtées devant un fauteuil bordé d'osier tourné vers une cheminée. Les Mangemorts étaient plus d'une dizaine, inclinés devant Lord Voldemort qui contemplait le feu ronflant dans l'âtre, éclairé par la faible lueur que dégageait la Lune par la fenêtre ouverte.

- " Maître... Pour Poudlard..." balbutia une voix discrètement voilée.

Personne ne lui répondit. Le silence gardait son emprise sur la pièce, tellement oppressant et redoutable que les Mangemorts en frémirent tous un par un. Un serpent siffla derrière eux, mais accoutumés à cela, ils ne réagirent pas.

Le mutisme de leur Maître dura quelques temps, avant que sa voix rubanée ne s'élève:

- " Poudlard, Poudlard... J'ai retardé tant que j'ai pu notre prise sur ce château... Mais l'heure est en effet venue. Je n'ai pas eu la résistance escomptée... Tant pis, à quoi devais-je m'attendre, finalement..."

Les Mangemorts attendirent, interdits. Nagini, dans leur dos, s'excita et ondula près de leurs chevilles.

- " Relevez vous." reprit durement Voldemort. "C'est aujourd'hui."

*****

Timidement, derrière les imposantes montagnes qui pointaient à l'horizon, le soleil se levait. La température extérieure avoisinait déjà les 20 degrés, mais plus les lueurs de l'aurore inondaient les landes, plus la chaleur augmentait. L'été était déjà bien entamé - et comme pour prouver au monde que cette journée serait tout à fait ordinaire, les oiseaux entamèrent leurs concerts de pépiements. Poudlard baignait déjà dans une lumière ravissante, sur sa grande colline, majestueux comme toujours, ignorant que ce jour serait le dernier de sa lutte.


Des Aurors en faction parcouraient le parc, de long en large, inlassablement, stressés à en voir leurs visages suants. Les professeurs du château magique étaient tous là - tous sauf un - rassemblés près du lac autour d'une Minerva Mac Gonagall anormalement angoissée. Apparemment, tous attendaient un évènement majeur, un accident...

- " Professeur... Je... Je pense qu'il ne faut pas paniquer... Ils ne PEUVENT pas attaquer, pas maintenant... C'est insensé..."

La vieille sorcière considéra un instant Hermione Granger par dessus ses lunettes carrées. Un tel optimisme, si touchant soit-il, approchait de près la mièvrerie, et ce genre de sentiments mielleux n'avaient plus leurs places en ce moment. Aussi son ton était un peu sec lorsqu'elle répondit:

- " Miss Granger, désolée de vous contrarier, mais vos attributs de bonne élève se trompent, cette fois. Tout indique qu'une nouvelle attaque est proche. Albus lui-même m'a dit..."

- " Dumbledore est mort, professeur..." lança brusquement un Harry sombre et fatigué, à gauche de Ron. "C'est seulement son portrait qui vous a parlé..."

Les narines de MacGonagall frémirent longuement, palpitantes, et sa bouche se pinça tellement qu'elle disparut presque sous sa peau.

- " Monsieur Potter, je pense pouvoir utiliser les expressions qui me conviennent. Je disais donc qu'Albus lui-même m'a prévenu qu'il fallait être infiniment plus attentifs aujourd'hui... Je ne sais pas pourquoi..."

Hermione jeta à Harry un regard lourd de reproches, regard qui n'attira même pas l'attention du Survivant. Il en avait assez, ce n'était pas le moment pour l'accuser d'être insensible. Depuis la mort de Dumbledore, rien n'allait plus, tout dégringolait dans le monde magique. Scrimgeour avait été assassiné trois jours après le retour de Harry à Privet Drive, qu'il avait dû quitter pour le 12, square Grimmaurd le jour de son 17ème anniversaire. Sirius n'avait pas menti lorsqu'il disait que la vie là bas était impossible.

Mais pire, bien pire que tous ces détails sordides: Lord Voldemort. Profitant de l'absence de tous les élèves et de certains professeurs, il avait tenté de s'emparer de Poudlard le premier jour d'Août, Mangemorts derrière lui. Harry n'avait aucune idée de comment les mages blancs avaient réussi cette fois à repousser le sorcier, et une voix au fond de lui lui disait que c'était tout simplement parce que Voldemort l'avait voulu. Ce n'était qu'un jeu, après tout... Il avait lancé son attaque pour tester les défenses de l'ancestral château... Que lui voulait-il, d'ailleurs? Etait-ce simplement une vengeance sur Dumbledore?

De toute façon, depuis ce jour, les attaques pleuvaient de part et d'autres de l'Angleterre. Les Mangemorts multipliaient leurs sorties, forçant Aurors et mages blancs à rester sur le qui-vive et à quitter en masse le Ministère qui devenait lentement controversé. Poudlard n'avait pas encore subi d'autres raids, mais visiblement, le jour était arrivé. Harry lui-même sentait au fond de lui que quelque chose n'allait pas... Si seulement on ne le forçait pas à rester à l'écart à chaque fois! Non, vraiment... Plus rien n'allait depuis que Dumbledore était mort...

- " ... ainsi, vous devriez rentrer au Terrier. Nous ne pourrons pas garder un oeil sur vous à chaque instant." disait MacGonagall.

Hermione fronça les sourcils et Ron poussa une longue plainte contrariée. Harry se força à se concentrer sur leur conversation même s'il était en fait à des lieux de là, comprenant alors que la nouvelle directrice de Poudlard voulait leur faire quitter les lieux.

- " Mais professeur! On ne peut pas décemment partir! On ne peut pas vous laisser..."

Les sourcils sculptés de MacGonagall se haussèrent à tel point qu'ils disparurent sous ses rides, agrandissant étrangement ses yeux métalliques. Ron maugréa en baissant la tête, les mains dans les poches, abandonnant déjà la partie. Le silence de la scène fut perturbé soudain par un claquement sonore qui résonna avec force au loin.

- " Professeur, il faut que nous restions!" supplia Hermione. "Tout l'été on nous a éloigné des évènements graves qui se déroulaient tout autour de nous! S'il-vous plaît! Nous faisons partie de l'Ordre, à présent!" termina-t-elle en voyant la mine inflexible de sa directrice.

Du monde s'agitait autour d'eux, réagissant au bruit suspect; les professeurs s'étaient groupés en un tas compact, et les Aurors s'étaient immobilisés, fixant le ciel. MacGonagall leva un instant le nez dans la même direction, puis murmura:

- " Non, vous partez. Arthur va bientôt nous rejoindre; aussi, il n'y aura que Molli pour vous garder. Elle sera rassurée de..."

- " Nous restons." coupa sèchement Harry, sortant sa baguette et observant à son tour le ciel myosotis. "Que se passe-t-il?!"

Décidant d'ignorer pour le moment cet écart insolent, le professeur MacGonagall sortit à son tour sa baguette - bientôt imitée par Ron et Hermione - et leur répondit en plissant les yeux.

- " Je ne sais pas mais... Vous ne voyez pas... Là bas?"

En effet, lorsqu'il regarda à son tour la voûte céleste consumée par les dernières braises de l'aurore, il vit des points, beaucoup de point se rapprocher d'eux à une vitesse alarmante. Près d'eux, deux Aurors crièrent des ordres à leurs collègues; MacGonagall fit un geste sec en direction du professeur Chourave qui se précipita vers elle en se dandinant. Elles se murmurèrent à l'oreille et Hermione profita de cet instant pour se rapprocher de Harry et lui attraper convulsivement le bras.

- " Harry!" souffla-t-elle, apeurée. "Harry, j'ai peur!"

Le regard du Survivant était dur, braqué sur les nuages percés et repercés par ces points inconnus qui filaient toujours dans leur direction. Ron lui-même commençait à rougir des oreilles, signe évident chez lui de gêne ou de panique.

- " Ce n'est rien... Ce n'est rien..." chuchota Harry d'un ton vague, fronçant les sourcils.

Une femme commença bêtement à hurler près d'eux, attisant le début d'affolement chez les autres sorciers. Les Aurors se remirent en mouvement, se bousculant les uns les autres, butant contre les mottes de terre. Harry en entendit certains prier, d'autres murmurer des sortilèges de défense. Non... Non, pas maintenant... Pas maintenant... Sa main se serra tellement autour de sa baguette que ses jointures devinrent écarlates et douloureuses. Ce n'est pas possible... Il y a Hermione... Et Ron! Les points qui se rapprochaient étaient maintenant de véritables formes, entourées de halos noirâtres qui ressemblaient amèrement à des capes. Tout le monde observait le ciel en paniquant; et Harry sentit Hermione trembler à ses côtés. Le crescendo d'agitation allait de plus en plus bruyant, de plus en plus terrifié.

- " Oh, mais allez vous donc cesser! ON NE PEUT PAS RENTRER EN BALAIS NI TRANSPLANER DANS L'ENCEINTE DE POUDLARD! IL Y A LES PROTECTIONS MAGIQUES DE VOLDEMORT!" cria soudainement MacGonagall.

Il ne sembla pas à Harry que quelqu'un fut pour autant rassuré, et elle-même ne paraissait pas convaincue par ses propres mots. Personne ne faisait attention à ce qu'il se passait autour de lui, la diversion était parfaite. Terrifiante de simplicité, mais parfaite. Aussi, la surprise était totale lorsqu'un murmure serpentin siffla près de la vieille sorcière:

- " Exact, MacGonagall. Mais on peut quand même y entrer à pied. STUPEFIX!"

La Directrice de Poudlard n'eut même pas le temps de se retourner vers Voldemort qu'elle tombait déjà au sol, inanimée. Des cris explosèrent partout, dans un boucan désordonné. D'autres éclairs fusèrent de toutes les baguettes que les Mangemorts arrivés pointaient vers les professeurs: l'effet de surprise marquait un point pour Voldemort. La débâcle régnait du côté du Bien qui n'arrivait pas à s'organiser, perdant des partisans secondes par secondes.

Bousculé en tout sens, Harry sentit une haine débordante l'envahir, le secouer, le malmener: et sous les coups impitoyables de la colère, son visage se tordit d'une rage incontrôlée. Voldemort. Il était ici, et tournait déjà vers lui son regard de braises tisonnées, souriant méchamment. Il voulait son combat final. Il l'aurait.

Décidé, Harry marcha d'un mouvement lourd vers le Lord, ses pas marquant l'herbe sous ses pieds d'empreintes enfoncées.

- " Nooon, Harry! NON!" haleta Hermione, parant un sortilège d'une main et essayant de retenir Harry de l'autre.

Le Survivant se dégagea vivement et accéléra l'allure vers ce sourire abominable qui découvrait des dents mal plantées; vers ces yeux rouges sang et ce visage blafard, vers ce monstre qui l'attendait. A cet instant, il n'avait que faire des Horcruxes, de la protection de Voldemort, des conseils et des brimades de Dumbledore. Il ne pensait même pas à la mort. Il désirait une seule chose: se battre avec lui.

D'un mouvement ample et sans porter attention aux combats qui faisaient rage autour de lui, Harry leva son bras et dirigea sa baguette vers Voldemort qui fit glisser sa lourde capuche sur ses épaules. Il jubilait. Il jubilait avant même d'avoir gagné.

- " EXPE..." commença Harry d'une voix rauque.

Un coup puissant à la tête, sur le côté gauche, le fit vaciller, amenant à ces yeux des lumières, des étoiles tournoyantes. Se concentrer, se concentrer, malgré le rire cuisant du mage noir...

- " EX..."

(à suivre)
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MessageSujet: Re: Le texte vainqueur : Aaron Millers   Dim 8 Juil - 22:15

Cette fois-ci, ses jambes se dérobèrent violemment sous son corps et il bascula lamentablement sur le flanc, sa baguette s'envolant de sa main. Retombant lourdement sur l'herbe humide d'une rosée précoce, Harry entendit hurler Hermione et tomber Ron derrière lui. Sa vision se fit plus floue lorsqu'un sortilège lui frôla le nez en explosant au passage ses lunettes; Hermione hurla de nouveau.

- " Hermione... Ron!" murmura Harry, un goût de terre embuant sa gorge, loin à présent du désir effroyable qu'il avait eu de se battre contre Voldemort.

Un poids s'écroula sur ses jambes et il vit avec horreur le visage blême de Chourave, qui, la bouche ouverte, agonisait lentement en s'accrochant à son pantalon. Horrifié, Harry se déroba à son étreinte moribonde et se releva maladroitement, s'achoppant par le dos contre une Hermione ensanglantée.

- " Harry!" supplia celle-ci, en sanglots. "Allons nous en! Partons!"

Une lumière verte en forme de flèche troua sa veste au niveau de l'épaule: elle gémit. Harry l'attrapa par le poignet et se mit à courir sans réfléchir en direction d'un gigantesque buisson qui marquait le milieu parfait du grand parc de Poudlard. Par une chance tenant du miracle, ils réussirent à progresser sans se faire toucher et le contourner pour se cacher derrière. Harry avisa l'état de Hermione - après tout, c'était pour elle qu'il venait de quitter le lieu de son combat final - et estima que ses blessures étaient superficielles. Elle saignait du nez et de la joue, mais apparemment, rien n'était grave. Il s'apprêta à repartir dans la mêlée qui hurlait de cris et de gémissements mais son amie le retint par la manche.

- " Harry, tu ne peux pas y retourner! Tu as vu ton état? Il va te tuer!"

Son visage baigné de larmes n'avait jamais paru aussi désespéré, et Harry ressentit soudain une vague de culpabilité le submerger. Son front se plissa d'un souci chagrin.

- " Hermy... Hermy... Je suis désolé. Il faut que j'y aille..."

Elle secoua la tête, se jeta à son cou.

- " Je t'en prie... Partons! Partons maintenant, s'il-te-plaît! On va se faire tuer! Tu as vu Chourave? Et MacGonagall? Je t'en supplie Harry! On ne peut rien faire! Rien!"

Son propre cou déjà humide des larmes de Hermione, Harry baissa les yeux. Bien sûr, elle avait raison. Avant d'être stupéfixée, MacGonagall leur avait bien ordonné de s'enfuir... Mais non! Non, il ne pouvait pas partir! Pas alors qu'à quelques mètres de lui, des gens s'écroulaient misérablement, touchés par des sortilèges trop puissants! Des personnes mourraient près de lui, pendant qu'il enlaçait Hermione et que Voldemort prenait Poudlard.

Cette pensée le gagna rapidement, embuant son esprit de la colère qui l'avait quitté quelques minutes auparavant: il repoussa Hermione et la fixa droit dans les yeux.

- " Je sais que je ne peux rien contre lui. Mais je ne peux pas laisser ces gens mourir. Je ne peux pas. Je peux au moins essayer... D'avoir les Mangemorts..."

Il tenta un faible sourire à Hermione qui après un temps, lui rendit malgré elle. Ils s’enlacèrent une dernière fois et Harry goûta avec dégoût la peur frigorifique qui faisait trembloter son amie.

- " Je suppose que je ne peux pas te faire changer d'avis..." dit-elle faiblement.

Harry hocha négativement la tête.

- " Prends au moins ma baguette..." murmura-t-elle en lui tendant l'objet magique. "Là bas, je n'en aurai pas besoin, j'aiderai les autres..."

- " Non..." - Harry saisit la baguette - "Promets moi de partir... Pars au Terrier, préviens du monde. Je compte sur toi..."

Avant même d'avoir la réponse de son amie, Harry tourna les talons et fonça vers les combats qui éclataient encore en étincelles luminescentes près de l'entrée du château. Un haut-le-coeur le saisit quand il compta le nombre affairant de professeurs écroulés au sol, visages en sang, yeux immobiles. En fait, peu de Mangemorts avaient été battu... Très peu. Il n'en restait que quelques uns dehors, aux prises avec les derniers combattants de Dumbledore. Voldemort n'était même plus là... Ils devaient tous être à l'intérieur...

Une silhouette gracile encapuchonnée retint l'attention de Harry; un rire de crécelle dérangeant éclata sous la cape noirâtre. Reconnaissant l'horrible Bellatrix Lestrange, Harry hurla de toute la force de sa voix, baguette pointée dans sa direction:

- " STUPEFIX!"

A peine le temps de hoqueter de perplexité et Bellatrix s'abattait aux pieds de son adversaire, provoquant chez Harry un intense souffle de satisfaction animale. Kingsley Shacklebolt se redressa et lança à Harry un sourire ensanglanté. Sur ses lèvres se formèrent les mots "Je te remercie"; manifestement, il souffrait du sortilège du silence. Un Mangemort, hurlant de colère, se rua vers eux en s'époumonant, baguette tendue. Mais Harry et l'Auror furent les plus rapides, et leurs deux sorts explosèrent contre sa poitrine. L'Amplicatum de Harry fut notamment très efficace, gonflant l'homme comme une grosse barrique grotesque. Ragaillardi par un assouvissement qui tenait presque de l'orgueil, Harry se mit à rire, fonçant vers un autre Mangemort.

Un gros bras énorme l'attrapa par le cou, serrant férocement sa carotide. Sous le masque d'argent, Harry ne vit qu'une paire d'yeux furibonds, avides de vengeance et de sang, alors qu'il était soulevé en l'air, suffocant, ses yeux humectés.

- " Le Seigneur des Ténèbres t'attend, petite larve..." susurra une voix masculine.

- " PETRIFICUS TOTALUS!" cria la voix de Shacklebolt.

La main sur son cou se durcit avant de se desserrer; Harry retomba sur le sol en tremblant, récupérant difficilement sa respiration. Arc-bouté en avant, Harry tentait de calmer la douleur de sa tête, de son ventre, de son cou... Le paysage remuait devant lui, et il fallut que Kingsley lui attrape le visage pour qu'il réussisse à cramponner son regard sur quelque chose. Agité, l'Auror força Harry à le regarder droit dans les yeux.

- " HARRY! HARRY QU'EST-CE QUE TU FAIS ENCORE LA! TU DOIS T'EN ALLER!"

Inutilement, le Survivant secoua la tête: mais Kingsley Shacklebolt possédait plus de persuasion que la pauvre Hermione.

- " JE SUIS DESOLE HARRY MAIS JE NE TE LAISSE PAS LE CHOIX! IL Y A UN PORTOLOIN QUI..."

Un hurlement déchirant venu du château couvrit sa voix déjà puissante. La plainte se tut brusquement, annonçant clairement que la personne qui avait crié - le professeur Flitwick, pensa Harry sinistrement - venait de mourir.

L'Auror se détourna brusquement de Harry pour observer les alentours de "la scène de bataille". Plus aucun Mangemort viable ne se trouvaient encore dehors; il n'y avait désormais plus que quelques mages blancs titubants, d'autres qui se relevaient péniblement. La tragique fin du combat était là, bien visible... Plus aucun doute ne viendrait l'ébranler...

- " Kingsley..." gémit une sorcière à genoux devant eux. "Annonce notre départ... Ordonne la fuite... Il faut que tout le monde parte... Les protections... Sont enlevées... C'est terminé... Nous avons perdu."

Harry vit nettement le regard de l'Auror se durcir, s'arrondir; puis capituler. En hâte, Shacklebolt lâcha l'épaule de Harry, appliqua sa baguette sur sa gorge et sa voix enflée d'un sortilège sonore hurla:

- " REPLI! REPLI! TRANSPLANEZ TOUS! EMPORTEZ AUTANT DE CORPS QUE VOUS POURREZ! REPLI! REPLI! N'OUBLIEZ PERSONNE DERRIERE VOUS! REPLI!"

Harry n'y croyait pas. Gémissant de honte, d'incompréhension et de douleur, aussi, il baissa la tête, les yeux, les bras. C'était fini, c'était vrai... Et c'en était à pleurer...

- " Harry... Harry! Ron est là! Tranplane avec lui! Harry... Harry vas-y, ne t'en fais pas! HARRY!"

Les voix flottaient autour de lui, il n'entendait plus rien dans ce brouillard opaque. Mollement, il se dirigea vers Ron, allongé dans l'herbe, serrant encore dans sa main la baguette de Harry qu’il avait dû récupérer. Il était inconscient, mais son torse se soulevait au rythme de sa respiration. Harry se pencha et attrapa son bras: déjà hurlaient les voix des Mangemorts qui se déversaient dans les salles du château en direction du Hall, puis de la sortie, attirés comme des abeilles par l'appel de Shacklebolt.

Des craquements sourds et les disparitions subites de personnes étendues indiquèrent à Harry que beaucoup transplanaient déjà. Des larmes de frustration et de désespoir roulaient sur son visage. Il avait été totalement inutile dans cette pseudo bataille. Il n'avait servi à rien. Des membres de l'Ordre étaient morts pour protéger le Poudlard de Dumbledore, déjà envahi par la griffe des Ténèbres. Voldemort avait pris Poudlard. Voldemort avait pris Poudlard.

Un dernier regard embué sur le parc, sur le château, combla les derniers souvenirs qu'Harry garderait de ce château de sorcellerie. Il fallait être réaliste: plus jamais il ne pénétrerait dans cette enceinte qu'il avait tant aimé. L'image pétrifiée à jamais qu'il garderait de Poudlard serait un champ de ruines et de pavots desséchés, couvert de sang et de cadavres, des Mangemorts dévalant les marches en triomphant.

- " HARRY!"

C'en était fini. Après quelques secondes de terreur pure, Harry transplana.


Au loin, derrière les montagnes imposantes, le soleil finissait d'étendre son bras chatoyant sur la ligne d'horizon, s'étendant clairement dans le ciel. Imperturbables, les oiseaux reprenaient leurs chants salvateurs, guidés par la mélodie lointaine d'un phénix disparu.

***********

- " Tassez-vous un peu..."

Autour de la table, l'atmosphère était morose, endeuillée. La cuisine déjà encombrée de bazar paraissait surchargée avec toutes ces personnes pressées les unes sur les autres. Harry se trouvait entre Hermione et Molly Weasley qui avait accepté de prêter le Terrier à une réunion d'urgence. Tous attendaient des nouvelles de la radio branlante qui vibrait sur la table.

Cette dernière grésilla un instant, captant l'attention de tout le monde, avant qu'une voix morne et sans vie ne se dresse des écouteurs:

- " ... en direct du Ministère de la Magie. Le nouveau Ministre de la Magie affirme que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom a aujourd'hui, dans le courant de 8 heures du matin, lancé une attaque sur l'école de sorcellerie Poudlard. Accompagné de ses serviteurs, les Mangemorts, il a réussi en un coup de Maître à subtiliser le château aux nombreux mages blancs qui pourtant devaient le défendre. Rien n'a apparemment pu le protéger, puisqu'en ce moment même, Vous-Savez-Qui l'occupe avec ses Mangemorts. Des morts sont à déplorer, mais l'on sait que ce n'est là qu'un échantillon de la cruauté du mage noir. Que fait le Ministère? Que font les Aurors? Peut-on décemment laisser Vous-Savez-Qui aux mains de l'école de nos enfants? Peter Harvest nous répond dans un débat et commente l'interlope d'objets protecteurs qui fleurit déjà au Chemin de Traverse..."

Rageusement, Molly tourna le bouton de la radio qui s’éteint aussitôt. Personne n'osait rien dire, et tout le monde baissait les yeux, honteux. Harry fixait d'un air buté la nappe magique qui s'animait des vignettes que Fred et Georges avaient collé dessus, ne voulant surtout pas relever le regard.

- " Bon, hé bien... Nous avons fait ce que nous avons pu..." lança vaillamment un Auror, dégoulinant de sang - le liquide poisseux dégouttant sur la table.

Minerva MacGonagall, à sa gauche, rougie et égratignée, éclata soudain en sanglots, pétrifiant l'assemblée impuissante.

- "' Poudlard! Poudlard... J'ai perdu le Poudlard d'Albus! Je n'ai rien pu faire! Je l'ai perdu!"

Sous ses pleurs, d'autant plus gênants qu'ils venaient d'elle, tout le monde se couvrit les yeux.

*****

- " Maître?"

La porte du bureau couina désagréablement sur ses gongs alors que Bellatrix Lestrange montrait sa face diaphane à l'embrasure de bois. Elle n'avait pas pris la peine d'user le heurtoir d'argent simplement parce que le Seigneur des Ténèbres l'avait lui-même convoqué.

Celui-ci se tenait droit devant la grande fenêtre de la pièce, tournant dos à l'entrée. Ses bras pendaient rigides le long de son corps, se terminant par deux poings serrés. La baguette noire était délicatement posée sur le meuble central, entre les papiers couverts encore de l'écriture de Dumbledore et les objets d'argent.

- " Bellatrix..." siffla Voldemort.

Il ne se tourna pas vers elle, pourtant elle s'inclina, attendant les ordres qui ne tardèrent pas à venir.

- " Va dire aux autres qu'ils "redécorent" à notre goût ce château. Qu'ils déchirent le tableau menant à la salle commune des Gryffondor et saccagent cette pièce s'ils en ont envie." ajouta-t-il dédaigneusement.

Bellatrix hocha la tête, honteuse de son échec du matin que son Maître ne semblait pas vouloir mentionner. C'en était encore plus terrifiant...

- " Tu ordonneras à deux d'entres eux d'aller faire un tour du côté du Ministère et de me dire ce qu'il en est."

- " Très bien..." souffla Bellatrix.

Voldemort n'ajouta rien, mais pourtant l'autre sorcière ne paraissait pas décidée à s'en aller. Il fallut que son Maître la rappelle à l'ordre.

- " Va-t-en, maintenant!" lança-t-il venimeusement.

- " Maître..." coassa Bellatrix en quittant le bureau.

Le doux déclic de la porte scella le silence en ce lieu corrompu. Les mains dans le dos, Voldemort s'approcha de la fenêtre en contournant sans le voir l'imposant bureau de Dumbledore. Il contempla le parc de l'école longuement, ses paupières presque closes sur ses yeux sanguins. Il voyait déjà deux Mangemorts courir dans le parc en direction de la sortie, haussant le regard sur la Marques des Ténèbres qui ondulait dans le ciel en frappant de son sceau maléfique le ciel déjà encre. Voldemort ne souriait pas: pourtant l'occasion lui offrait ce droit. Il y avait quelque chose de solennel dans la tranquillité de l'ancien bureau directorial qui touchait jusqu'à Voldemort.

Lorsqu'il parla, le Seigneur des Ténèbres ne trancha pas le sentencieux de la scène, murmurant de sa voix calme:

- " Je te l'avais dit. J'ai réussi. J'y suis retourné à Poudlard. J'ai réussi, Dumbledore."

L'allégresse se faisait un peu sentir dans la fin de sa phrase, alors qu'il se tournait vers le portrait nouvellement installé au mur: celui de Dumbledore. Voldemort se dirigea rapidement vers lui, fixant les yeux bleus autrefois débordants de malice.

Dumbledore baissait la tête, son menton s'enfonçant dans sa barbe. Sa belle robe de sorcier pourpre était fripée, comme accordée à sa peau ridée par le temps et le tracas.

- " Tom..." murmura Dumbledore d'une voix faible. "Tom, si seulement j'avais pu..."

- " Tu n'as pas pu." coupa Voldemort. "Je suis là à présent. J'ai pris ta place et j'enseignerai ici. Je te l'avais dit. Tu as perdu contre moi et j'ai réussi."

Dumbledore soupira, ferma les yeux, ses lunettes en demi-lune glissant sur son nez aquilin. Des gouttelettes brillantes perlèrent à ses yeux et s'enfuirent dans sa barbe, au coin de sa bouche courbée en défaite.

- " Tu as réussi, Tom. Tu as réussi. Mais à quel prix..."

Voldemort éclata de rire, se détourna en ignorant les larmes de ce pauvre vieillard mort. Implacable, il s'approcha du bureau, balayant les anciens objets précieux de Dumbledore en posant ses mains à plat dessus.

- " Je me suis emparé de Poudlard..."
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