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 Défi d'Halloween d'Aaron Millers

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MessageSujet: Défi d'Halloween d'Aaron Millers   Mer 31 Oct - 2:36

La nuit était d’une bizarrerie sans nom. Le ciel était incroyablement sombre alors que la lune était pleine, mais ce n’était pas une lune comme les autres, c’était la lune rousse, la lune des assassins.
La jeune Andie tremblait de peur à l’idée que cette appellation si commune, cette légende dont elle entendait parler depuis qu’elle était enfant ne soit vraie.
Vêtue d’un long manteau à capuche qui lui couvrait le visage, elle rasait les murs pour éviter qu’on ne la voie ou pour éviter de croiser quelqu’un. Elle ne savait pas trop elle-même si elle avait envie de solitude ou d’aide.
Elle ne cherchait pas le moins du monde à cacher ses origines et brandissait sa baguette magique devant elle, au cas où elle ferait encore une mauvaise rencontre. Elle savait bien qu’en ces temps troublés, elle était relativement tranquille dans cette rue du quartier neutre de Londres, mais n’ayant pas la moindre possibilité, physique ou morale d’oublier le dernier sorcier qu’elle avait croisé, elle préférait être prudente.
Cette pensée lui arracha un rire hystérique
* Prudente, c’est bien le moment d’y penser ! Bien sûr, c’est facile de jouer la prudence des heures trop tard, quand le mal est fait…*
Prise de vertiges et de tremblements, elle s’arrêta un instant, s’assit sur le rebord du trottoir et, incapable de tenir plus longtemps, se mit à pleurer à chaudes larmes. C’était un soulagement, mais qui n’allait pas sans douleur.
Elle entendit des bruits de pas qui s’approchaient d’elle mais ne se redressa pas. Sa baguette était toujours bien serrée dans son petit poing d’adolescente mais elle avait pris sa décision : peu importe qui venait vers elle, elle voulait qu’on l’aide, qu’on la guide, elle commençait à perdre tous ses repères.

- Aidez-moi, je vous en supplie !
Ses sanglots redoublèrent quand elle entendit le son étranglé de sa voix et elle leva ses yeux humides vers la personne qui se tenait devant elle, oubliant presque qu’ainsi, elle allait révéler son visage atrocement marqué, couvert de bubons purulents dont les couleurs suivaient toutes les déclinaisons de l’arc-en-ciel et qui avaient même tendance à exploser parfois, si elle se fiait aux tâches graisseuses et répugnantes qui couvraient son chemisier autrefois blanc.
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Aaron Millers
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MessageSujet: Re: Défi d'Halloween d'Aaron Millers   Mer 31 Oct - 22:20

Tiens... Il y avait un drôle de bruit près de lui, un tempo lancinant et désagréable, inutile; mais léger, presque inaudible. Plic, ploc, plic, ploc, et pourtant il ne pleuvait pas, il l'aurait senti. Il savait bien d'où venait cette tirade dégoulinante, c'était surtout pour ça qu'il la détestait tellement, symbole écoeurant de ce qu'il avait fait, de ce qu'il avait laissé faire. Il venait de se réveiller, sa respiration reprenait un cours presque régulier. L'idée lui vint de redresser la tête, de relever le nez et d'admirer cette jalouse soucoupe, ce rond parfait constellé de cratères, cette sphère éclatante qui brillait ce soir d'une lumière sanguinaire. Lever la tête vers la lune et regarder les étoiles sans les voir, sans jamais s'apercevoir qu'elles étaient magnifiques et éternelles, qu'elles étaient précieuses et porteuses d'espoir; lever la tête vers la lune et s'apercevoir qu'elle était aussi rousse que son sang était rouge, s'apercevoir que son signal d'alarme colorée en forme de superstition était bien plus utile que n'importe quelles prédictions sorcières auxquelles il ne croyait de toutes façons pas. Il aurait dû la regarder avant, la Lune, quand il le pouvait encore; maintenant qu'il voulait lever la tête, il ne le pouvait plus.

Plic, ploc, ploc, plic...

Le raclement métallique résonna longtemps entre les parois suintantes de la ruelle pleine de détritus; il avait réussi à extirper son bras de derrière une benne à ordures. Maintenant, enveloppé de brume et de coton, enveloppé des illusions sordides des grands buveurs, enveloppé de froid, il n'avait plus mal. L'alcool avait bien rempli sa mission anesthésiante, même si sa gorge, il s'en apercevait maintenant, se contractait douloureusement, frémissante; prémices de la régurgitation de la boisson.

Plic, plic, ploc, plic...

Encore ce bruit, alors qu'il prenait difficilement appui au sol maculé de sang, de son sang et d'autres, maculé de vomissures qui lui avaient certainement déjà appartenu, longtemps avant; maculé de salive, ce plic ploc incessant provenant de sa bouche qu'il ne tenait plus fermée, comme un vieil incontinent pitoyable prostré dans sa ruelle. Il serra les mâchoires pour s'empêcher de recracher l'affreux goût de sang, de terre et de honte qu'il avait dans la bouche, jusque sur les gencives et les dents; il en gémissait pratiquement ce pauvre, pauvre hère, mais il s'en moquait, il se moquait bien d'avoir l'air sorti d'un film d'horreur, d'une mauvaise série ou le héros n'est qu'une épave, il se moquait pas mal de devoir subir cette autopunition, cette automutilation, il avait convenu avec lui-même et depuis longtemps que tout ce qu'il s'infligeait, tout seul dans ses bars ou ses caniveaux, il le méritait amplement. Il réussit à se relever, glissant dans les souillures mais parvenant à se retenir contre le mur lépreux et grisâtre. Il était debout, il s'examina comme il pouvait derrière ses yeux presque clos, il porta ses larges mains devant son visage sans y trouver d'horribles traces de tortures, ses vêtements étaient tous pratiquement intacts même s'ils étaient trempés par endroit d'une substance visqueuse et odoriférante qu'il ne voulait pas identifier. Il empestait l'alcool et la bagarre, la chique et le tabac à fumer; il empestait la lâcheté aussi, cette grande faiblesse apposée dans chaque centimètre de sa peau, la peau de son visage surtout, criblée, barbue, sale; cette grosse tâche sombre qui semblait clignoter au dessus de lui, ombre des ombres et de la Lune rousse, c'était lui. Le plic ploc s'était arrêté, remplacé par le déchirement discontinu de son coeur fatigué, drogué, qui réclamait une trêve jusque dans ses battements léthargiques. Bam, bam, bam, sans conviction, pitoyables pulsations accompagnant ses pas d'ivrognes jusqu'à la fin de la ruelle qui pointait au bout.

Bam, bam, bam...

Il y avait encore une bouteille dans sa poche de manteau, ses agresseurs familiers aimaient beaucoup lui rappeler sa dépendance dès qu'il entrouvrait ses paupières bouffies sur sa propre laideur. Il la sortit, machinalement, la portait à ses lèvres alors que sa démarche titubante le menait à une autre rue, juxtaposée, où sous un réverbère, une forme prostrée s'agitait en solitaire. Il ne chercha pas à savoir ce que c'était, il leva en fait les yeux vers la voûte céleste dans un craquement répugnant de son cou et la vit, ronde, belle et rousse dans son univers d'ébène, la Lune semblait le narguer de son visage imaginaire, souriant de chaque côté de ses cratères millénaires. Il baissa la tête, insensible, indifférent mais amer, terriblement amer, comme à chaque fois qu'il cuvait son mauvais vin dans sa ruelle dégueulasse, il s'approcha de la gamine qu'il voyait du coin de l'oeil, et elle le supplia, sa baguette à la main, et elle le supplia, elle le supplia, lui. Il ne comprit pas tout de suite, il n'arriva pas à faire fonctionner son cerveau embruiné suffisamment vite pour que ses neurones handicapés fassent le point et le préparent à ce qu'il avait en face de lui. Finalement, sa réaction fut instinctive et brutale, mais humaine, terriblement humaine, révélant le pauvre enfant mort dans son cocon d'adulte négligé. Il éclata de rire, et son rire était méchant et froid, égoïste; oui, il se réjouissait de voir que quelqu'un d'autre ici, à Londres, souffrait; oui, il en arrivait même à espérer qu'elle souffrait encore plus que lui, cette petite fille, cette jeune fille en fait, qui de chaque pustules de son visage tuméfié suait la tristesse et la peur.

Pourtant, il s'arrêta près d'elle, bam bam bam, son bras glissa le long de son corps dans un bruit de liquide dansant contre une bouteille, bam bam bam, il dévisagea la petite en gardant sur ses traits tordus le spectre de son hilarité. Elle pleurait, et si lui-même n'était pas lui, n'était pas un grand crétin alcoolique de bientôt 40 ans, si lui-même n'était pas accablé et délirant, plein d'illusions chimériques qui lui tordait les entrailles plus encore que le whisky, si lui-même n'était pas ce qu'il était en la personne d'un saoulard orgueilleux qui avait perdu sa fierté dans un poker de toute une vie où il avait récolté la pire des mains, il aurait certainement pleuré avec elle.

Il ne sembla pas remarquer les bubons multicolores, et quand bien même il les vit, il ne s'y intéressa pas plus qu'une seconde ou n'en donna pas l'air. Elle était au sol, il était debout; elle était la faible, il était le fort; elle le suppliait, il la dominait. Ce n'était pas dans la logique des choses, et pourtant il ne la connaissait pas cette petite, il ne savait rien de son histoire, si histoire elle avait; sous ses traits souffrants trop juvéniles pour mériter tout ça, sous ce masque hideux qui couvrait une jolie chose toute simple, qui cachait une vie, il devinait qu'elle valait infiniment plus que lui. Son visage à lui était redevenu de marbre, il était pâle malgré le sang, horrible de contraste entre la clarté étiolé de ses dents et le sombre amas du liquide vital. Lentement, il secoua la tête et fourra sa main libre dans sa poche éventrée.

- " Est-ce que tu m'as vu?" murmura-t-il. "Est-ce que tu crois que je peux t'aider, que je veux t'aider?"

En reniflant dédaigneusement, il se rendit compte à quel point son odeur à lui, sa puanteur de pleutre et de vinasse; son odeur à elle, transpiration de terreur et macération de ses blessures; mélangées donnaient la nausée. Il repoussa un haut le coeur et fit remuer sa bouteille verdâtre, papillonnant de ses yeux anémiés, comme dans un rêve, comme dans le rêve de sa vie, tout était brouillé...

- " Supplie, tu peux supplier, oui mais moi aussi j'ai besoin d'aide. Je suis désolé." ajouta-t-il sur un sourire horrible qui n'engageait en rien sa parole hypocrite. "Je suis vraiment désolé."

Comment deux vies séparées, différentes, au détour d'une ruelle sous un réverbère borgne, pouvaient s'aligner, l'espace de quelques minutes ou plus, sur ce grand chemin tapissé devant eux; comment leurs deux routes s'étaient rejointes ici, et pourquoi, pourquoi eux? Il ne savait rien d'elle et elle ne le connaissait pas, elle réclamait son aide mais que pouvait-il faire? Il n'était que lui, que lui, le traître et l'infâme, personne ne voulait de son aide alors pourquoi suppliait-elle? Elle ne le connaissait pas et abaissait sa garde. Il était à peine remué par cet élan mystérieux de ce que certains appelaient le destin et qu'il nommait par abus de langage, le hasard, ce foutu hasard n'est-ce pas, qui l'avait conduit ici à se rendre compte que malgré son passé, sa formation, malgré ses anciennes volontés, malgré son âme qu'il s'imaginait avec arrogance autrefois blanche, blanchâtre, entière, malgré ses propres idées, bien enfouies au plus profond de son coeur torturé, malgré tout ça et bien d'autres choses encore, il n'était pas capable de venir en aide à aucune vie, ni la sienne, ni celle de cette fille.

Bam, plic, bam, ploc...

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MessageSujet: Re: Défi d'Halloween d'Aaron Millers   Dim 4 Nov - 18:56

Aaron Millers : 10 points

Elle avait entendu un bruit, plusieurs d’ailleurs, et supposa que son sauveur venait vers elle en écartant du pied quelques détritus qui jonchaient le sol de cette ruelle infâme. Mais alors qu’elle levait des yeux suppliants, s’appliquant même à faire le plus possible biche aux abois, elle arrondit la bouche de stupeur. Il ne poussait pas les détritus, il en était un !

*C’est bien ma veine, je sentais que ça allait être mon grand soir, mais je bats mes propres records, il a fallu que je tombe dans tout Londres sur le seul bipède plus mal en point et plus puant que moi !*

Et il riait en plus ! Elle savait bien qu’elle était assez mal placée ce soir pour jouer les dégoûtées, mais les relents fétides de mauvais alcool et de vomi lui semblèrent plus infâmes encore que les jets de pus qui maculaient ses propres vêtements. Après tout, elle était victime d’un sort, ce n’était pas comme si elle avait voulu faire une expérience magique de destruction de son visage. Lui, en revanche…

Elle entendit une sorte de voix, qui tenait plus du remugle que de la parole articulée et décida de jouer la prudence. Elle était déjà bien assez arrangée comme ça, nul besoin que ce poivrot ne s’approche trop près au risque de lui vomir dessus pour couronner son apparence.


En effet, vous ne donnez pas l’impression de pouvoir m’aider directement.

C’était déjà presque un miracle qu’il tienne debout, mais s’il tanguait assez dangereusement. Elle en déduisait que son équilibre venait essentiellement de ses poches, visiblement lestées de bouteilles, qu’elle espérait vides… Et puis non, finalement, vides ou pleines, elle s’en fichait tant que ça le maintenait sur ses pieds et lui évitait de s’effondrer sur elle pendant qu’il se penchait.

Bien sûr, je peux vous aider, enfin un peu…

Elle tâtonna dans le fond de sa poche et en sortit quelques pièces qu’elle lui tendit.

Je pense que vous feriez bien de manger un morceau… On dit que ça tapisse l’estomac et que c’est salutaire pour des cas comme… le vôtre.

Au pire, une nourriture solide achèverait de retourner son estomac, mais au moins, elle ne serait plus là pour voir ça.

Mais… euh… puisque vous êtes là, vous connaissez sûrement le chemin d’un hôpital, vous pourriez me l’indiquer. On pourrait même faire la route ensemble d’ailleurs, puisque nous avons tous deux besoin d’aide…

Ensemble, mais de loin ! Elle comprit soudain le réconfort qu’on éprouve en trouvant plus malheureux que soi. Elle avait sans doute toute l’apparence de l’horreur aujourd’hui, mais si elle trouvait Sainte-Mangouste et qu’un sort existait pour contrer le maléfice dont elle était victime, elle reprendrait son apparence normale, fraîche et juvénile en un rien de temps. Pour l’épave aux relents fétides qui balançait d’un pied sur l’autre en grommelant à côté d’elle, il y avait fort à parier que le temps de la normalité était depuis longtemps révolu.

Elle attendit sa réponse, la main qui offrait les pièces toujours tendue vers lui, mais prête à rouler de côté très vite s’il devait tomber ou régurgiter les litres de liquide qu’il semblait contenir et qu’il bavait déjà par minces filets.
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MessageSujet: Re: Défi d'Halloween d'Aaron Millers   Mar 6 Nov - 20:05

La voix douce de la jeune fille sembla lui briser les tympans, comme une crécelle déréglée tout contre ses oreilles, carillonnant sans s'arrêter. Ses mâchoires larges se crispèrent étrangement, vague et fade miroir d'un sourire totalement faux, alors qu'il se penchait vers la jeune Andie qui, même s'il ne le voyait pas comme ça, semblait dégoûtée par son apparence. Elle lui tendait quelque chose... Il lui fallut un instant de réflexion pour interpréter correctement son geste et comprendre qu'elle lui donnait de l'argent, quelques piécettes dorées dans sa paume délicate, l'aumône pour un ivrogne, la charité pour un clochard. Faisait-il si... pitié? Etait-il donc si lamentable? Certes, oui... Et alors?

Souriant plus sincèrement, il vida sa bouteille d'une traite pendant que la demoiselle, après un petit cours sur son estomac, lui demandait une faveur qu'il entendit sans la comprendre. Réprimant une nouvelle envie de vomir, l'homme jeta à ses côtés la bouteille vide, inutile donc, et se laissa tomber à côté d'Andie sans savoir que celle-ci, plus que n'importe quoi, redoutait cette proximité avec un cageot tel que lui.

Assis côte à côte sur ce trottoir suintant, Andie et lui donnaient l'air d'être ensemble dans le même bateau, la même galère qui perdurait; deux pauvres paumés dont la nuit s'étirait douloureusement autour d'un même et unique délit; deux solitaires qui partageaient un bout de chaussée pour un petit moment trop éphémère. Il tendit un regard curieux à la petite, à son visage écoeurant et pourtant si touchant, reflétant probablement tous ses problèmes, puis à sa main tendue où brillait encore l'argent.

Bourru et dégageant à chaque souffle une détestable odeur d'alcool fort, il se pencha un peu sur elle à la manière d'un brave pilier de bar confiant ses petits soucis, ses petits déboires à son ami tenancier de taverne:

- " Tu sais, ma p'tite, on a tous des problèmes ici bas..."

La grande philosophie des buveurs...! Sa voix, contrairement à tout ce qui pouvait s'attacher à lui, était claire et grave. Si la petite Andie n'écoutait qu'elle et pas sa respiration rauque et difficile, ou ne voyait pas les paupières basses et le teint cireux, ni le sang dans le cou, ni la barbe de quelques semaines, ni les cheveux sales et ébouriffés, grisonnants aux tempes, peut-être pouvait-elle croire qu'il était simplement fatigué et pas complètement saoul... Il détourna les yeux d'Andie, fixant le ciel en fronçant ses sourcils broussailleux.

- " Qu'est-ce qui t'est arrivé, ma p'tite? Tu sais, tu peux m'le dire, moi..." commença l'homme en esquissant un début de sourire face à la Lune goguenarde qui les fixait, tout là haut. "... moi, j'suis pas l'mieux placé pour te juger alors... Si t'as fait des trucs... Pas très nets ben..."

Il étouffa un hoquet en baissant les yeux, murmurant un grave "pardon" en cachant sa bouche de sa main égratignée. Il ne lui venait pas à l'esprit que, de toute façon, il n'avait plus vraiment à s'excuser de sa tenue et de ses mots puisqu'Andie n'en était visiblement plus à ça - après tout, c'était une jeune fille, non? Grattant sa tête en étouffant un baillement pour ne pas que l'air se charge trop de l'odeur nauséabonde de son souffle éraillé, il continua:

- " ... ben c'est pas grave! J't'emmènerai à l'hôpital après, t'en fais pas. Raconte moi..."

Il tourna complètement son visage vers elle, recroquevillé sur le trottoir juste à ses côtés, manquant déjà d'alcool tant sa langue semblait pâteuse, aussi pâteuse que ses mots. L'éclat faible du réverbère au-dessus d'eux illuminait tout de même assez leurs deux visages pour qu'ils paraissent si semblables, embrumés, tristes et blessés. Une lueur curieuse dans son regard, absolument pas repoussé par le visage purulent d'Andie, l'homme l'incita à parler d'un petit geste de la tête, un faible sourire naissant sur ses lèvres retroussées. Lorsqu'il aperçut de nouveau la main généreusement tendue de la jeune fille, il attrapa doucement les pièces et les fourra sans ménagement dans sa poche, comme si elles n'avaient été qu'une barrière supplémentaire à leur discussion, à leurs confidences, à l'explication que lui donnerait évidemment la jeune Andie.

- " Comment tu t'appelles, ma p'tite?"

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MessageSujet: Re: Défi d'Halloween d'Aaron Millers   Mer 7 Nov - 21:37

Aaron Millers : 20 points

L’homme – puisque c’était sans doute le terme qui convenait – esquissa une sorte de grimace assez terrible dont Andie ne comprit que tardivement que c’était une ébauche de sourire. Sans doute le mieux qu’il puisse offrir en la matière. Elle essaya de sourire à son tour mais le résultat n’était certainement pas plus probant. Elle continuait de craindre pour ce qu’il restait de propreté sur elle. La pensée fugitive de mettre en balance l’horreur du pus et du vomi lui traversa l’esprit et l’amena presque à rire… presque…

Elle le vit finir la bouteille qu’il tenait à la main et sursauta quand il la jeta dans la ruelle, le bruit risquait d’attirer l’attention sur eux. Là encore, l’absurdité de cette pensée la frappa : un clochard titubant et une gamine purulente… Si un pauvre inconscient venait à passer par là, il prendrait très certainement ses jambes à son cou en pensant avoir vu l’incarnation de ses pires cauchemars.

Elle en était arrivée à ce stade de ses réflexions : la présence de cet individu l’éloignait chaque seconde un peu plus de la possibilité d’obtenir une vague aide, quand elle le vit s’affaler. Elle craignit quelques instants qu’il ne tombe sur elle. Ce fut d’ailleurs presque le cas. Il s’assit avec une telle lourdeur qu’elle se retrouva projetée quelques centimètres plus loin et manqua tomber le nez sur le trottoir. Elle réussit cependant à conserver son équilibre mais il était assis sur sa cape et elle ne pouvait plus s’éloigner… ce qui devint encore plus problématique quand il prit la parole.

Elle écarquilla les yeux, moins à cause de la platitude affligeante des mots prononcés qu’à cause de l’haleine qu’elle devait subir de très près. Elle eut soudain l’impression de visiter une distillerie sans masque de protection. Une conversation avec cet homme assurait une cuite terrible sans boire une goutte. Elle se mit à tirer frénétiquement sur le morceau de cape qui était resté coincé quand il s’était laissé tomber mais sans résultat. Elle marmonnait en même temps, essayant de rester en apnée le plus longtemps possible


Ah ben oui, c’est sûr…

Il ne semblait pas reculer devant les banalités, elle n’allait pas se fatiguer pour si peu. Mais dans son délire éthylique, il finit tout de même par parler d’autre chose que de lui, très brièvement en tout cas.

Je n’ai rien fait d’autre que d’énerver quelqu’un qui avait trop peu de patience et un peu trop de pouvoirs…

Elle essayait encore vaguement de se dégager quand un hoquet acheva de la saouler complètement. Elle laissa tomber sa tête vers l’arrière, dans l’espoir d’aspirer un peu d’air fétide mais non alcoolisé à hauteur du sol mais c’est à ce moment précis qu’il choisit de tourner la tête dans sa direction. Si le vent ne changeait pas dans la minute, elle allait vite s’évanouir. Elle répondit donc d’une voix mourante à sa proposition.

Je m’appelle Andie… et la perspective d’un hôpital me séduit de plus en plus, en effet.

Elle s’appuya des deux mains contre l’épaule de l’homme pour qu’il s’éloigne au moins de quelques centimètres et lui permette de retrouver son souffle, mais il ne sembla même pas s’en apercevoir. Aussi surprenant que ça puisse paraître, elle en venait à souhaiter qu’un bubon éclate, qu’il finisse enfin par se rendre compte qu’elle était repoussante et qu’il se relève et parte en courant. Elle n’avait plus du tout envie de pleurer à présent, sauf peut-être sur les mauvais goûts de son compagnon qui la forçaient à suffoquer sous ce relent de vinasse.

Peut-être qu’un contre-sort me permettrait de me remettre… Et je pourrais ensuite faire quelque chose pour vous.

Elle regretta cette idée au moment même où elle la formulait. Dans l’état où il était, si ce type s’avisait de lui lancer un sort, elle en sortirait au mieux transformée en crapaud, au pire borgne. Et elle-même ne savait pas du tout comment on luttait magiquement contre l’alcoolisme. Elle pourrait au maximum faire apparaître une barrique de café et le convier à y plonger ?
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MessageSujet: Re: Défi d'Halloween d'Aaron Millers   Jeu 15 Nov - 1:22

Il n'eut jamais aucun doute concernant la bonne volonté de cette jeune fille à lui adresser la parole. Après tout, elle lui souriait, elle lui répondait gentiment - même si sa voix paraissait un peu plaintive (certainement l'émotion) - et elle trouvait même le moyen de se coller à lui et de tirer ses vêtements. Avec un petit rire faussement gêné, il leva ses deux mains et les plaça de chaque côté de sa tête comme pour représenter une balance très instable au rythme de ses tremblements. Ses yeux métalliques se fixèrent malaisément dans ceux de la petite Andie et il trouva le moyen d'articuler, au comble de son illusion alcoolique:

- " Oh-oh, doucement ma p'tite... On se connait pas encore tr... tr... Très bien!"

Il était très aisé de deviner ce à quoi pensait concrètement l'ivrogne fatigué, mais sa voix était tellement pâteuse, son visage tellement peu menaçant qu'il était au contraire très difficile de prendre ce qu'il disait au sérieux.

Les vapeurs acides de son haleine s'élançant à grandes bouffées de buée autour de lui, traçant d'étranges nuanges flottants, il se laissa un peu pencher en arrière, presque en même temps qu'Andie qui crachotait à la recherche d'air pur. Persuadé qu'elle était proie d'une simple et bénigne toux sèche, et qu'il allait l'aider ainsi, il lui tapota négligemment le dos, un sourire niais sur ses lèvres encore humides de la boisson et de sa propre salive.

- " Respire, vas y, respire proooofondééééémeeeeent. L'air est bien frais ce soir!"

Et sans savoir que la jeune fille en aurait certainement l'estomac retourné, il lâcha une grande et profonde expiration, l'enjoignant d'un large geste du bras à faire de même. Pendant ces instants somme toute futiles avec elle, il ne pensait plus à ses soucis, son taux d'alcool et cette foutue lune qui brillait infiniment plus que sa bonne âme, aussi il espérait, sans le dire évidemment, qu'Andie resterait un peu, juste un peu, juste le temps qu'il s'endorme sur le réverbère...

- " Enchanté Andie!" s'exclama-t-il joyeusement, ses paupières presque closes sur un regard de plus en plus vitreux. "Il t'en arrive des malheurs, elle est très-très-très vilaine la personne qui t'a fait... Qui t'a fait... ça, là." poursuivit-il, balbutiant, désignant de son doigt trémulant le visage multicolore d'Andie qui venait de se présenter.

Il fit une petite pause, secouant sa tête avec ampleur et exagération, soupirant des panaches de puanteur, d'alcool. Il était évident que sa mémoire vive n'était pas des plus performantes ou des plus sagaces ce soir; elle semblait au contraire assez sélective et il mettait à chaque fois un peu plus de temps à prendre la parole, à répondre des bégaiements empotés aux phrases concises d'une jeune fille qui lui réclamait seulement de l'aide, à lui, le saoulard patenté. Que demandait-elle déjà? Un coup de baguette? Un hôpîtal?

Pourquoi donc parlait-elle si vite et si bas!?

- " Un contre-sort, oui-oui-oui!" lança-t-il avec force - et les échos de sa voix moribonde se balancèrent négligemment entre les petites ruelles attenantes. "J'en connais, j'en connais un très bien, très efficace pour les p'tits problèmes de peau... causés par un sortilège pas très catholiques si tu suis ma pensée..." - il lui fit un petit clin d'oeil et les rides prématurées de son visages se creusèrent sensiblement - "... et je sais que tu la suis. J'ai beaucoup eu... Eu beaucoup... heu... Enfin, j'ai du faire face souvent... à ce... Ce genre de problème. Fais moi confiance."

Il était toujours tellement pénible d'allonger les mots les uns après les autres à un rythme cadencé pour participer à une conversation, il avait cru l'oublier dans sa solitude, mais... Haussant les sourcils sur un sourire parfaitement innocent, il commença à fouiller maladroitement ses poches de pantalon, sous son manteau crasseux. Essayait-il de convaincre Andie de se faire soigner sur la minute juste pour qu'elle reste avec lui, pour qu'ils soient deux à souffrir, pour que quelque le comprenne encore quelques secondes dans son délire embué, ou simplement parce qu'il possédait réellement ce don de soin, habile de sa baguette, et que pour une fois, il se sentait capable d'aider quelqu'un? Son visage n'exprimait rien sinon une joie rêveuse propre aux gentils ivrognes, aucune trace de farce, de sauvagerie, aucun signe physique prouvant qu'il mentait, qu'il calculait. Dans son état actuel, le pouvait-il franchement, de toutes façons?

Ses doigts sales se refermèrent sur une baguette un peu usée, dont le bois poli commençait à se jaunir en de nombreux endroits; la pointe brune était effilochée, mais la révérence solennelle avec laquelle il la montra à Andie laissait bien comprendre qu'il tenait à cet objet certainement plus qu'à sa propre vie. Hochant la tête sur un sourire appréciateur, certain que la jeune fille avisait elle aussi l'outil à sa juste valeur, il murmura, se collant un peu plus contre elle:

- " Avec ça, tu sais, je peux faire ce-que-je-veux. Donc, j'peux t'soigner ma p'tite. T'es d'accord?"

Il leva un peu plus sa baguette, offrant un pauvre sourire compatissant à Andie; un sourire qui pouvait facilement exprimer en face d'yeux angéliques toute la douceur du monde - mais il était bien trop bon, bien trop saoûl, surtout, pour se rendre compte que la petite Andie n'était pas angélique. Il se rapprocha encore, leurs visages étaient tout proches et leurs nez se touchaient presque.

- " Allez, tu vas pas rester comme ça..." continua-t-il; puis, saisi d'une illumination, termina: "Chais pas si t'as remarqué, mais tu as des pustules sur le visage qui éclatent..."

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MessageSujet: Re: Défi d'Halloween d'Aaron Millers   Jeu 15 Nov - 2:47

Aaron Millers : 30 points

Elle n’avait toujours pas réussi à se dégager et commençait d’ailleurs à renoncer à cette idée si séduisante quand l’ivrogne se mit à vouloir la calmer… elle ! Elle ouvrit de grands yeux ronds en entendant les borborygmes qu’il éructait et surtout en se rendant compte qu’il avait interprété son geste comme… une tentative de rapprochement ?

Il fallait vraiment qu’elle soit tombée sur le dernier des pochards pour qu’il puisse s’imaginer que la distance qui existait entre eux venait de leur manque de familiarité. Cette fois, rien ne put la contenir, ni la peur intense qu’elle avait ressentie en début de soirée, ni la souffrance d’être défigurée, elle explosa de rire et se plia en deux, la tête sur ses genoux. Les vapeurs d’alcool qu’elle ne cessait de respirer devaient y être pour quelque chose, d’ailleurs.

Soudainement, sans qu’elle comprenne pourquoi, l’homme se mit à la frapper. Sans grande vigueur, bien sûr, il en eût été incapable dans son état, mais suffisamment fort pour qu’elle s’étale complètement le nez dans un genou. Elle releva la tête, bloqua l’une de ses narines et inspira profondément – nouvelle bouffée dont elle ne voulait même pas considérer le degré d’alcool – elle saignait du nez. Voilà toute l’aide qu’il lui avait apportée : une cuite et un saignement qui lui avait été épargné jusque là.

- Merci infiniment ! Je ne sais pas ce que j’aurais pu faire sans vous, c’est incroyable ce que vous êtes serviable et utile, monsieur…

Elle faillit lui faire remarquer qu’il ne s’était pas présenté lui-même, mais elle se souvenait que, dans son enfance, on lui avait appris à ne pas poser de questions si la réponse ne l’intéressait pas. Or, en l’occurrence, il restait peu de choses dans cette ruelle qui l’intéressaient moins que l’état civil et la fonction de ce type, en admettant qu’il soit davantage qu’un clochard imbibé.

Son compagnon d’infortune et pourvoyeur involontaire d’alcool bon marché semblait d’ailleurs sur le point de confirmer qu’il vivait bien dans cette rue. Il donnait l’impression qu’il était prêt à s’assoupir sur le réverbère, ce qui la dégrisa momentanément. Qu’il cuve son vin, fort bien, mais il était déjà lourd éveillé, elle ne voulait même pas imaginer le poids mort qu’il allait devenir une fois dans le coma.


- Hé ! Monsieur, ne dormez pas, enfin, si, dormez, mais laissez-moi d’abord me lever, vous êtes assis sur…

Elle s’interrompit parce qu’il avait ajourné son début de sieste pour marmonner quelque chose qu’elle ne comprit pas du tout. Elle avait bien entendu qu’il répétait ses propres mots « contre sort » mais ne perçut pas bien le reste, sans doute parce qu’il avalait la moitié de ses mots et que ses phrases avaient la cohérence propre à tout délire embrumé.

- Hem… Désolée, je n’ai pas tout compris, vous savez, il y a eu du bruit… le vent, les rats, je ne sais pas. Est-ce que vous pourriez répéter ? Vous parliez de sort, je crois

Une fois de plus, elle fut stoppée dans son élan. Il brandissait une baguette assez miteuse dans sa direction et elle tenta de reculer le plus possible, toujours coincée par la cape, mais réussissant malgré tout à se décaler de quelques centimètres. Peine perdue, une telle épave qui avait réussi à trouver de la compagnie et pensait que sa conversation poussait Andie à rester avec lui ne lâchait pas prise aussi facilement. Il se pencha à son tour, si près qu’elle était pratiquement obligée de loucher pour surveiller son regard vitreux. Finalement, elle ferma les yeux, résignée. Son destin était visiblement de mourir de froid aux côtés d’un brave pochard, de se faire pulvériser sur place par un sort lancé sous influence spiritueuse… Autant se résigner. Elle finit par dire, d’une voix désespérée

- Oh et puis, après tout, quelle importance ? Allez-y !

Elle resta ainsi, les yeux clos, attendant de savoir s’il allait juste crever une pustule de plus avec son bout de bois ou s’il allait stupéfixer la poubelle qui se trouvait non loin derrière eux.
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Aaron Millers
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MessageSujet: Re: Défi d'Halloween d'Aaron Millers   Mer 21 Nov - 23:28

Même elle le disait: il lui était utile! Ragaillardi par les paroles douces et aimables de la jeune fille, il sourit, faussement modeste, jouant du bout de ses doigts noirs de crasse avec sa baguette abîmée. Ce ne fut que lorsque ses yeux vitreux eurent fait le point sur le visage purulent d'Andie qu'il remarqua un détail, un élément nouveau à cet enchaînement illogique de malheurs: la gamine saignait du nez! Mais qui pouvait-être assez insensible, assez monstrueux pour lui faire subir tout ça...?!

L'homme secoua la tête en claquant sèchement sa langue contre son palais anesthésié par l'alcool, ridiculement réprobateur. Comme il était étrange de se dire que cette jeune fille était à sa totale merci, qu'une simple petite formule de sa part l'aurait achevé en une seconde, là sur ce trottoir humide près de ce réverbère clignotant... Comme il était curieux de sentir une sorte de supériorité de puissance naître dans son esprit... Comme il était effrayant, aussi, de constater à quel point ses pensées étaient perverties par la boisson et l'amertume, comme il était laid de penser rien qu'une seconde être supérieur à cette pauvre Andie; comme il paraissait misérable soudain, son sourire s'enraillant. Il se racla longuement la gorge, cracha sur le côté, s'essuya rapidement la bouche du revers sale de la manche de son manteau, et pointa finalement une baguette tremblante sur le visage de la jeune fille.

Elle fermait les yeux... Elle avait peur? Pourquoi donc?

- " Tu as peur, Andie?" demanda-t-il tout innocemment, la langue tirée sous la concentration. "Tu as peur? Y'a pas de quoi. Je ne vais pas te faire de mal."

C'était lui, ou la petite se démultipliait soudain...? L'homme papillonna un moment, pas certain de ce qu'il voyait, de ce qu'il devinait du visage d'Andie subitement chimérique par delà ses yeux drogués; puis pour se donner courage, appliqua avec force le bout de sa baguette contre le nez de la jeune fille. Ploffffhh, un bubon implosait et déversait une substance gluante sur sa chère et très précieuse baguette... mais il n'en était plus à se soucier de ça. Il avait pris une décision, là, à l'instant; l'alcool avait pris une décision. Le tintement des pièces offertes plus tôt par Andie, dans sa proche résonna une nouvelle fois à ses oreilles... cupides. Il n'allait pas prendre le temps de soigner ses vilaines blessures, finalement.

- " Je ne vais pas te faire de mal, Andie-chérie." répéta-t-il d'une voix lente et beaucoup plus milleuse qu'auparavant.

Ce fut soudain comme si un courant d'air glacé balayait la ruelle endormie. L'odeur acide de l'alcool se déversa plus fortement encore dans leurs narines, et des papiers de détritus volèrent jusqu'à eux. Il cramponna sa main libre à un des bras d'Andie et se mit à sourire...

- " Juste... T'endormir... Parce que j'ai vraiment beaucoup besoin d'argent et p'tète que... Je pourrais tirer un bon prix de toi, si les gens qui... qui t'ont fait ces trucs là, te cherchent..."

Il se rapprocha encore, comme étouffant Andie de sa présence, de sa proximité; évoluant plus vite dans son manège écoeurant et resserrant sa prise de rapace sur le bras d'Andie. Nul doute qu'elle pouvait à présent sentir jusqu'à la moindre de ses respiration, sentir la puanteur de l'alcool, du tabac, de la lâcheté et de la misère.

L'homme grimaça, toujours pataud, et se mit soudain à marmonner une étrange formule de sa voix grasse, la baguette vibrant entre ses doigts, sans savoir si Andie, pendant tout son petit discours, avait eu le temps ou non de préparer une riposte. Telle était la situation; la triste dépendance l'avait conduit à faire quelque chose qu'il ne comprenait pas lui même; qui lorsqu'il se réveillerait le lendemain matin lui apparaîtrait comme un rêve très drôle et très original. Et Andie? Oh, après tout, ce n'était pas ses problèmes.

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MessageSujet: Re: Défi d'Halloween d'Aaron Millers   Jeu 22 Nov - 0:31

Aaron Millers : 40 points

Cela ne finirait donc jamais ? Combien de temps allait-elle devoir rester là à supporter ce visage affreux si proche du sien. Même si elle avait conscience de son apparence, elle ne pouvait s’empêcher de se dire que si elle avait l’air d’un déchet ce soir, elle ne le devait pas à un besoin ridicule de se détruire.

Le ton de voix qu’il employait était presque aussi désagréable que l’odeur qu’il dégageait, mais tout à coup, alors qu’elle attendait presque avec soulagement le moment où tout s’arrêterait, ce malotru parlait de l’endormir, de la vendre !!
Il était absolument hors de question qu’elle serve de monnaie d’échange pour la prochaine caisse d’alcool frelaté de cet individu lamentable. Il n’avait saisi qu’un de ses bras, l’autre étant pris par la baguette qu’il tenait tant bien que mal.
De sa main libre, elle rassembla toutes ses forces, prenant même un peu d’élan et lui envoya le plus gros coup de poing qu’elle ait jamais eu l’occasion de coller sur autre chose qu’une cloison de plâtre. C’était d’ailleurs beaucoup plus douloureux mais ça en valait la peine.


- Non, mais ça va pas ! Lamentable débris !

Elle lui cracha au visage, espérant que sa salive était aussi infectée que tous les fluides qui sortaient de sa peau.
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